Se déraciner peut faire peur.

Cette expression est utilisée d’ailleurs pour désigner le sentiment de malaise que ressentent les personnes qui quittent leur pays d’origine pour s’installer, de gré ou de force, ailleurs.

On cherche nos racines, nos origines, notre culture parce qu’on pense qu’elles nous définissent. On s’accroche au passé, à notre histoire, parce qu’on pense qu’ils doivent guider notre futur.

Le passé, qu’il soit le nôtre, celui de nos lignées, de notre peuple, de notre pays ou encore celui de nos autres vies, peut amener l’effluve de la nostalgie et on peut être tenté de se laisser absorber.

Mais s’il peut être nécessaire de prendre connaissance, de conscientiser et de reconnaître le passé parce qu’on a hérité de liens et de karmas, il n’est absolument pas nécessaire de le revivre, de constamment baigner dedans ou de se laisser régir par lui.

Un très bon exemple qui me vient, est le débat concernant l’ancienne prison Juliette Dodu de Saint-Denis (de la Réunion). Un projet pour transformer l’ancienne prison en logements sociaux et commerces a été taclé par un collectif de préservation des mémoires, qui souhaite faire de cette prison un musée en souvenir de ce lieu historique…

Les mémoires du lieu, du fait de sa nature, sont loin d’être de la plus belle énergie. Et la Réunion, de par son relief et sa superficie, possède une surface habitable faible.

Il n’y a donc pas d’intérêt à faire de ce bâtiment un musée historique. En vivant au présent, les besoins actuels de la population sont plus important qu’une effigie du passé.

La transmission de l’histoire est importante, mais elle peut se faire dans les livres, sur internet, ou sur une plaque murale.

D’autant plus que l’énergie de souffrance qui habite le lieu ne demande qu’à être purifiée, et le lieu lui, ne souhaite qu’à passer à autre chose.

Vous êtes qui vous êtes au moment présent. Vous êtes en constante évolution, vous n’êtes jamais la même personne qu’hier.

A un moment, il faut laisser le passé reposer en paix, et être la personne que vous voulez être aujourd’hui, au-delà des races, des sexes, des croyances, de l’histoire de la culture, et des frontières.

Première partie : Se déraciner pour mieux s’ancrer
Deuxième partie : Se déraciner de son quotidien
Quatrième partie : S’ancrer et évoluer